Etat des lieux

Une agriculture de qualité et spécialisée jouant un rôle majeur pour le paysage haut-bugiste.

  •  Une spécialisation autour de l’élevage

L’agriculture du Haut-Bugey est une agriculture de moyenne montagne qui compte aujourd’hui une centaine d’exploitations, répartie entre 22 types de production. Elle est principalement fondée sur l’élevage : 93 pratiquent ce système. Deux grandes filières se démarquent : filière laitière (avec 51% des exploitations), filière viande (24%). 

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  • Des pratiques extensives et de qualité

Les surfaces agricoles représentent un peu plus de 20 % de la surface totale du territoire et se composent essentiellement de prairies permanentes. Cela s’explique par la présence de 3 Appellations d’Origine Protégée (AOP) fromagères qui garantissent des pratiques extensives et une alimentation du bétail essentiellement à l’herbe : le Comté, le Morbier et Bleu de Gex. Le Haut-Bugey compte également 4 Indications Géographiques Protégées (Coteaux de l’Ain, Volailles de l’Ain, Emmental français Est-Central, Gruyère) et 10% de ses exploitations pratiquent l’agriculture biologique. 

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Comté

 

  • Des circuits courts bien développés mais peu diversifiés

37 exploitations commercialisent une partie de leur production en circuits courts, soit près de 40% du nombre total des exploitations du territoire. Si l’on intègre les producteurs de lait à Comté qui livrent à une fruitière et qui, par ce biais, vendent une partie de leur production en circuits courts, nous arrivons à 51 % des exploitations. Ce mode de commercialisation est donc très répandu malgré des manques en matière de produits disponibles localement (fruits et légumes) et en matière de modes de commercialisation (marché de producteur, AMAP, internet…).

Vaches
 
  • Un nombre d’exploitations qui diminue mais des surfaces toujours utilisées

Le Haut-Bugey compte aujourd’hui 106 exploitations agricoles. Elles étaient 228 au recensement de 2000, ce qui traduit une diminution de plus de la moitié des exploitations en 10 ans.
De son côté, la surface agricole utilisée (SAU) passe de 9341 hectares en 2000 à 9438 aujourd’hui, et couvre 18 % du territoire. On observe donc une légère augmentation de la SAU après avoir diminué entre 1988 et 2000 de plus de 12%. Les exploitations se sont donc agrandies. La surface moyenne d’une exploitation est passée de 35 hectares en 1988 à 42 dans les années 2000 pour atteindre près de 90 en 2010.
Cela s’explique également par le regroupement des exploitations restantes : en 10 ans le nombre de GAEC a augmenté de 38% sur le territoire et celui des EARL a été multiplié par 1,5. Les raisons de ces regroupements peuvent être diverses mais s’expliquent avant tout  par l’augmentation du prix du foncier et la pression générée.

 Travaux agricoles
  • Un vieillissement des chefs d’exploitation

Si les 60 ans et plus sont minoritaires parmi les chefs d’exploitations, la part des  50-60 ans reste dominante dans le Haut-Bugey. Cela nécessite une anticipation au niveau des reprises des exploitations d’ici les 15 prochaines années. Le recensement agricole de 2010 prévoit que sur les 56 exploitations concernées par une transmission à 15 ans, 10 sont vouées à disparaitre, 30 ont un avenir inconnu, 11 seront reprises par le co-exploitant et 5 par un autre successeur.

  • Des activités de diversification encore très marginales

Le nombre d’exploitations exerçant une activité de diversification ne représente que 19% du total des exploitations. Parmi les activités de diversification, la transformation de produits à la ferme est majoritaire. Les activités de tourisme à la ferme restent marginales.

  • Une agriculture qui contribue à l’ouverture des paysages mais menacée par l’urbanisation

Si l’agriculture est un secteur qui emploie peu de main d’œuvre sur le territoire (1% des actifs), elle joue un rôle majeur dans le maintien des paysages en contribuant d’une part, à l’entretien de zones ouvertes face à des secteurs qui s’enfrichent et d’autre part au maintien d’une activité économique et de lien social dans les espaces ruraux. Or la consommation de foncier s’est concentrée dans les secteurs les plus plats qui sont également les plus favorables à l’agriculture. Cela a des répercussions sur le paysage qui s’enfriche : les exploitations qui perdent les terrains en plaine, délaissent souvent les secteurs les moins faciles…
Le Haut-Bugey compte 3 A.F.P, 2 S.I.C.A. et un syndicat d’alpage : ces structures représentent assez peu de surfaces ramenées à l’échelle de la SAU totale (300ha) mais elles rendent plus faciles les conditions d’exploitation de secteurs de montagne.

  • En conclusion
    • L’agriculture compte peu d’emploi mais participe à l’entretien du paysage et à la qualité du cadre de vie du territoire.
    • Le territoire dispose d’une agriculture de qualité, respectueuse de l’environnement avec des filières dynamiques et à haute valeur ajoutée.
    • Le tissu agricole du territoire est très fragile : vieillissement des exploitants, problème de transmission et de renouvellement des actifs, problèmes d’installation, tensions foncières (concurrence avec l’urbanisation, problème d’enfrichement sur les terres les moins fertiles).  

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